La babouchka et le trolleybus

Extrait du blog de Gilles (8 novembre 2010), coup d’œil intéressant sur Riga. Excellente analyse et description ethnologique et comportementale. Gilles est un français séjournant quelques mois à Riga.

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Depuis la rentrée, j’utilise quasi quotidiennement le trolleybus, voire le tramway, pour me rendre dans le centre de Riga, souvent dans une des bibliothèques de la ville. Ayant donc tout loisir d’étudier les passagers, j’ai dégagé une attitude type de la babouchka de Riga (babouchka / ба́бушка = grand-mère, mais aussi vieille femme).

La babouchka sait exactement où va s’arrêter le trolleybus (bien que les types de ceux-ci soient différents). Lorsque son trolleybus arrive elle va se « précipiter », au besoin en vous bousculant, de façon à être la première au milieu de la porte d’accès. Au besoin, elle va monter avant que les passagers n’aient fini de descendre.

Car la babouchka a sa place et elle veut sa place. Deux possibilités vont alors se présenter :

# Sa place est libre. Dans ce cas-là, elle s’y précipite directement, et pose ses sacs sur son siège (car la babouchka a toujours plusieurs sacs, dont un sac plastique contenant je ne sais trop quoi, mais survivance de l’époque soviétique où il fallait en avoir un, au cas où on aurait trouvé, par hasard, quelque chose à acheter). Une fois ses sacs posés, la babouchka cherche son ticket, bloquant au besoin la circulation dans le couloir entre les sièges, puis, laissant ses sacs sur son siège, part composter. (Variante : elle s’assoit et vous tend son billet pour que vous, qui êtes resté debout, le compostiez)

# Sa place n’est pas libre. La babouchka va alors être décontenancée et va se planter à l’entrée du trolleybus, bloquant, ou au moins gênant, la montée des autres passagers. Car il lui faut absolument une place dans le sens de la marche (sinon, elle préfèrera rester debout) et de préférence accessible sans qu’il n’y ait de marche à monter.
Une fois la place choisie, se reporter au paragraphe précédent.

Pour descendre à la station A, la babouchka a aussi sa technique personnelle. A la station A – 1, elle va se lever avec les gens qui descendent à cette station A – 1 et va se poster près de la porte, voire devant la porte, gênant ainsi les gens qui montent.

Qu’on ne se méprenne pas ! Je ne critique pas (même si je reconnais que je ne cherche pas systématiquement à éviter la babouchka qui veut monter alors que je descends……). Je jette juste un regard d’ethnologue amateur.

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