Ergo White Nights, International Marathon St. Petersburg

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On ne peut pas dire que je partais serein pour ce marathon, j’avais même imaginé ce qui en fin de compte allait m’arriver! Une première pour moi en matière de préparation de voyage alors que, grand voyageur parcourant le globe depuis plusieurs dizaines d’années, je n’avais jamais ressenti une telle inquiétude.  Plusieurs raisons à cela. En premier lieu mon état de santé suite à la détection quelques jours avant le départ de la blessure à l’haine à laquelle il faut également associer une petite fatigue physique et morale due à mes courses répétées ces derniers mois (20 marathons, 7 semis et 3 cyclo-sportives en 18 mois). Défaire et refaire ses valises n’est pas la chose la plus simple, comme d’ailleurs les transferts dans les aéroports et le stress dû aux contrôles de toutes natures (de police mais aussi pour ne pas égarer ses papiers…). Je dis cela car ces choses peuvent paraître simples pour un sédentaire ce qui n’est pas exactement mon cas! En deuxième lieu, il convient de donner comme raison de mon état le fait que voyager dans ce pays ne m’enchantait pas forcément, la Russie, pays en pleine restructuration politique et économique, ne me paraissant pas être facile à appréhender à priori. Je veux dire par là que lorsque l’on se rend en Iran, en Colombie ou en Israël (comme je l’ai fait à plusieurs reprises sans inquiétude) on sait à quoi on s’attend. Mais tout cela n’est certainement dû qu’à mon imagination du moment et d’ailleurs je me dois de reconnaître que, hormis  ma blessure, tout c’est effectivement très bien passé lors de mon court séjour à Saint Petersburg.

Tout avait très bien commencé pour ce voyage Planet Tours, mon prestataire favori (et unique), avec un voyage avion parfait, une réception à l’aéroport de SP par notre guide local Olga, avec laquelle j’allais sympathiser, et une arrivée dans notre hôtel, localisé dans le centre de SP, à l’heure prévue pour prendre possession de nos  chambres (tout à fait correctes, quoiqu’un peu bruyante en ce qui concerne la mienne). Il est alors 22h en « local time » et le ciel est toujours très clair comme il le restera d’ailleurs toute la nuit le soleil « oubliant » de se coucher à cette époque de l’année sous cette latitude que l’on nomme ici « the white nights ».

Samedi matin pas besoin d’aller réceptionner nos dossards, Momo s’en occupe. Alors c’est le moment de retrouver notre guide Olga qui nous propose en car, à pied et en bateau, une visite des principaux monuments de SP. Et il y en a, je vous prie de le croire. Cette ville enthousiasme plus d’un touriste tellement elle recèle de trésors. En ce qui me concerne (mais je regrette d’être une fois de plus assez négatif) les monuments proposés me font plus penser à un magistral Disneyland qu’à une ville d’art. Mais encore une fois cela n’engage que moi. Toujours est il que la journée sous un chaud soleil se déroule super bien, d’autant plus pour moi que depuis hier j’ai retrouvé un ami, mon pote Abdou, avec lequel j’ai déjà couru à de nombreuses reprises à Jérusalem, NY, Londres… enfin quand je dis courir je devrais plutôt dire « pris le départ ». Abdou, superbe coureur, est un adepte des longues distances (Marathon des Sables…) et affiche des chronos bien meilleurs que les miens. C’est vraiment un bon pote que je prends beaucoup de plaisir à côtoyer. Je profite de l’occase pour lui adresser un salut amical.

Dimanche matin, jour de marathon, le temps a fortement changé, le soleil laissant place à un temps pluvieux notamment au moment de la course. C’est donc avec les 9000 autres runners (toutes distances confondues), dont la cinquantaine « emmenés » par Planet,  que je prends, finalement confiant,  le départ de mon 9ème marathon de l’année. Les 5 premiers kms me paraissent un peu difficiles, comme c’est d’ailleurs généralement le cas, mais une fois la « mécanique chaude » tout va mieux. C’est encore le cas cette fois-ci avec même un état de forme super qui me surprend, alors que les flaques d’eau se succèdent sur le parcours témoignant des fortes chutes de pluie (qui d’ailleurs continuent). Le service d’ordre est omni-présent mais me semble assez inefficace (si j’en crois le nombre de voitures qui forcent le passage) et de plus pas très expressif (je ne veux pas dire « sympathique » de peur d’être une fois de plus négatif).

Donc à partir du 5ème, je « m’envole ». Il y a bien longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien en course. J’atteins le 18 ème en 01:36, ce qui pour moi n’est pas mal du tout. Je commence à espérer un temps de moins de quatre heures et ceci malgré la pluie qui perdure. Et puis, et puis…. c’est la cata. Au 19ème je commence à avoir des douleurs dans le bas ventre. Je me souviens alors des recommandations de mon docteur favori (et surtout grand ami): « Gianpie, tu cours mais si tu as mal ou si tu sens une gêne , tu arrêtes tout de suite ». Malgré tout je poursuis encore 500/600 mètres, mais la douleur s’accentuant, je renonce définitivement au 20ème, la mort dans l’âme. Plus tard, la triste réalité de l’actualité, avec la disparition de mon ami Didier, me ramènera à des considérations plus réalistes. Ce dont je souffre n’est pas vital et il y a bien plus malheureux que moi, c’est sûr. Alors arrêtons de jouer les « weicheiers ».

Toujours est-il que sur le moment j’angoisse. En premier lieu, il me faut regagner mon hôtel. Cela me prend du temps car je ne peux que marcher lentement tant la douleur est vive dans le bas ventre. Il pleut toujours et les larges avenues, que je dois traverser avec une circulation importante alors même que les derniers runners (je suis encore sur le parcours du marathon) essaient de se faufiler à travers les voitures (quand je vous disais que le service d’ordre était « aussi » inefficace), ne me facilitent pas le retour vers mon lieu de résidence. Je passe devant la ligne d’arrivée, puis je rejoins enfin mon hôtel après une marche très pénible. Je n’ai maintenant plus qu’une seule  envie; regagner Paris.

Une fois dans ma chambre et bien que souffrant toujours et au lieu de m’allonger, je me saisis de ma valise, y glisse la moitié de mes fringues (oubliant l’autre moitié sur place), puis demande à la réception de m’appeler un taxi pour l’aéroport. C’est le moment qu’a choisi mon pote Abdou pour revenir, son marathon terminé (quand je vous disais qu’il allait vite le gaillard), à l’hôtel. Surpris de me voir dans le couloir de l’hôtel avec ma valise il s’inquiète alors gentiment (comme toujours) de mon état, m’examine dans sa chambre (j’ai oublié de vous dire qu’il est chirurgien) et d’un coup de doigt bien placé il me remet ma boule (pas mes boules!), cause de tout mon malheur, à l’endroit d’où elle n’aurait jamais dû partir. Instantanément la douleur du bas ventre disparaît. J’aurai dû être totalement rassuré d’être « pris en main » avec autant de professionnalisme de la part de mon ami d’autant plus que ses paroles étaient très rassurantes: « voila, tout est rentré dans l’ordre tu vas maintenant te reposer un peu et demain, et après demain, tu pourras profiter des excursions programmées ». Mais rien n’y fit; MA DÉCISION ÉTAIT PRISE. C’est tout moi. Quand j’ai décidé quelques chose c’est définitif, quoiqu’il m’en coûte.

Trajet vers l’aéroport en taxi, achat d’un billet en business class vers HH (et oui, il y a de ces coïncidences) puis Paris, l’ensemble assuré par la compagnie allemande Lufthansa, Air France, malgré un vol une heure après, n’ayant pas son bureau de vente ouvert. Comme quoi rien n’est dû au hasard! Sauf que maintenant, comme beaucoup d’autres, je préfère voyager par Lufthansa. Enfin là n’est pas le propos qui était de confirmer que cette fois ci je dois bien me classer définitivement en mode « WEICHEIERS »!

Un dernier mot pour dire que mon coup de tête (à moi même) m’a tout de même permis de rencontrer, dès mon retour et avant son départ en vacances,  mon médecin et de prendre rendez vous avec le chirurgien qui me remettra « tout en place »  le 11 septembre. Certes je devrai annuler des échéances sportives importantes en septembre et octobre (le temps de la convalescence) mais au moins après je serai tranquille  plutôt que de trainer en risquant l’aggravation…

Enfin qu’il me soit permis ici de remercier  pour leur gentillesse Olga (merci mille fois pour vos cadeaux qui m’ont fait un réel plaisir), Momo, et bien sûr Abdou, mon pote que j’espère bien retrouver rapidement dans des circonstances plus sympas pour moi.

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